Dans les Tableaux Parisiens, Baudelaire fait de Paris un personnage à part entière. La ville moderne devient le théâtre de la solitude dans la foule, de la misère côtoyant le luxe, de la beauté fugace surgissant du chaos urbain.
Le poète déambule dans les rues, observe les passantes, les aveugles, les vieilles, les cygnes déplacés. Paris est à la fois enfer et paradis, décor de toutes les mélancolies et de tous les espoirs perdus.
18
Poèmes
II
Section
1861
Ajoutée
Poèmes emblématiques
Poème LXXXIX
Le Cygne
Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,
Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
L'immense majesté de vos douleurs de veuve,
Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit…
Poème XCIII
À une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet…
Poème XCII
Les Aveugles
Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins, vaguement ridicules,
Terribles, singuliers comme les somnambules,
Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.